A propos !

PE Billet

Bienvenue sur ce blog qui présente mes textes et les projets artistiques ou culturels dans lesquels je m’investis en tant qu’auteur (de poésies, articles et chansons), commissaire d’exposition ou consultant indépendant.

Je suis né en 1981 et, écolier, à huit ans, j’ai vécu la commémoration du bicentenaire de la Révolution française comme un grand moment : je découvre alors qu’il est possible, au moins pour un temps, d’inverser le cours des choses, d’abolir privilèges, de réunir dans un même élan classes bourgeoises et populaires pour changer la société. On peut même parfois être aristocrate et épouser la cause du peuple. On peut proclamer des droits et revendiquer leur valeur universelle. Faire de la démocratie une cause commune et la faire vivre comme telle : (se) causer et se remettre en cause(s), s’interroger constamment sur ce que l’on a en commun, sur ce que l’on souhaite mettre en commun, ouvrir le pot commun aux singularités et apports de chacun(e), essayer de s’articuler, de faire vivre côte à côte, coude à coude, en bouche à bouche, ces trois mots : « liberté, égalité, fraternité » pour qu’ils ne soient pas que des slogans de façade, sur les façades. Nous avons huit ans et nous chantons deux cents ans plus tard des chansons révolutionnaires dans une école de la République. Et j’ai l’impression alors que ce ne sont pas des paroles en l’air. D’une certaine manière, je me suis passionné à l’adolescence pour « la politique » par les mots. Ces mots dont je ressentais presque indistinctement le caractère sacré, de même qu’à la messe je frissonnais aux mots « communion » ou « prière universelle ». Enfant favorisé et chanceux, j’entendais ou voyais de loin certaines des souffrances du monde ou des injustices de nos sociétés, mais je dois dire que mon souci du « politique » était avant tout animé et peuplé par toute cette sémantique des valeurs communes et ce rapport au symbolique, peut-être plus que par les problèmes concrets à résoudre que ce soit pour les gens ou la planète. Collectionneur de timbres, je me réjouissais des événements marquants qui y étaient commémorés ou des personnalités qui y étaient célébrées, de ces fils invisibles qui traversaient et liaient les périodes et les espaces, de ces correspondances d’imaginaires, des voyages et des ponts qu’ils permettaient, voire promettaient. Je faisais de la politique et de la poétique de carte postale. Peut-être que cela n’a pas vraiment changé… ?

Imprégné de ce « lyrisme » politique et historique, je me suis formé à l’économie politique et au management public et j’ai été plusieurs années consultant en management et communication auprès d’institutions publiques à Paris. Là, j’ai senti l’espace se resserrer, le temps se contraindre, tant pour les consultants engagés dans une course au conformisme et à la « réussite » (paradoxe qu’essayer de se distinguer tout en se pliant à un moule) que pour les organisations elles-mêmes invitées à se fonctionnaliser et à se rationaliser, souvent au détriment des publics qu’elles servent et des personnes qui les servent. En même temps que les problèmes, les mots m’ont rattrapé et j’ai commencé à tordre les mots, comme pour tordre les problèmes. C’est ainsi qu’est né « Patch work », un recueil de poésies sur la question du management et du rapport au travail. Il rappelle en quelques sortes qu’à la racine du mot « management » se cache le mot « ménagement » et qu’on ne peut pas penser le « vivre ensemble » en maltraitant la manière dont on « travaille ensemble ». Le « lundi commun » est l’utopie de ce moment où l’on se rassemble sans s’aliéner. L’écriture de ces textes m’a convaincu qu’il fallait prendre – si on en a la chance et quand on le peut – du recul et de la distance et surtout prendre le temps de vivre. Je sais depuis lors que l’écriture est pour moi salutaire, pour y voir plus clair, fût-ce à tâtons et à contretemps.

C’est ainsi que j’ai choisi de quitter le consulting et Paris lorsque j’ai eu l’opportunité et le plaisir de suivre ma compagne d’abord au Sénégal fin 2011 puis au Danemark en 2014 et de consacrer mon temps à des projets qui me semblent porteurs de sens et de beauté.

J’ai au Sénégal eu la chance de faire plusieurs rencontres marquantes qui ont abouti à l’accompagnement de Pierre Gosse Diouf, artiste peintre et sculpteur lumineux, pour sa première exposition individuelle (Kora corps), à l’écriture et la réalisation d’une maquette d’album slam/reggae (Almadies mélodies) avec les musiciens d’Afreecan Dingkelu et à l’organisation d’une exposition-mobilisation (Gardiens du temple) consacrée à la situation d’emploi indécente des gardiens d’immeubles et de villas à Dakar et en creux à la manière dont les « élites » du développement se comportent souvent envers les personnes qu’elles « domestiquent ».

A Copenhague, j’ai rencontré un photographe plein de talent et de conscience, Yero Djigo, que j’accompagne dans la préparation d’un livre et d’un film-documentaire consacrés à l’histoire méconnue des tirailleurs de son pays d’origine : la Mauritanie.

Je me suis rendu compte en participant à ces projets de tout ce que je ne savais pas avant de les faire et que je ne connais encore que trop peu : la richesse des langues et des cultures ouest-africaines, la fragilisation de celles-ci par la marchandisation des rapports sociaux et l’influence de l’imaginaire occidental sur ces sociétés, les marques plus que présentes de la période coloniale, l’assèchement et la pollution de l’environnement. Et pourtant, que ce soit en classes préparatoires ou en école de commerce, j’ai étudié la “culture générale” et l’histoire économique. Alors qu’on y prépare les nouvelles générations de dirigeants ou « d’officiers de la guerre économique » (cf professeur Marteau, ESCP-EAP en 2003), on ne leur enseigne pas en quoi la « richesse » économique des sociétés (au double sens) occidentales s’est construite et se construit sur l’exploitation des peuples d’Afrique – sans parler des terres et des mers… – et  que ceci altère et fragilise en profondeur leurs destinées individuelles et leurs cultures collectives. Pour citer Achille Mbembe : « l’ignorance est le privilège des puissants » (min ). Je découvre aussi avec admiration qu’à la perte de souffle et d’imagination de l’Europe répondent, en Afrique ou en dialogue avec l’Afrique, de nouvelles générations d’auteurs, d’artistes, de chercheurs qui invitent à « décoloniser les imaginaires », à inventer des modes endogènes et soutenables de développement et à penser de nouvelles formes de solidarités, le tout en régénérant et partageant les ressources culturelles locales et en revitalisant la langue française.

J’entends, à ma petite échelle, travailler à la courte échelle et à la longue vue pour participer à ce mouvement collectif de sortie de l’asphyxie et de l’amnésie.

Mes textes et projets sont tous encore à l’état de projet. C’est-à-dire que je suis toujours preneur de conseils pour les enrichir de collaborations (que ce soit pour la mise en image, la mise en musique, la mise en débat ou la mise en résonance auprès de publics plus larges). Je suis toujours disposé et disponible pour travailler auprès d’institutions et à aux côtés de personnes sensibles à ces aspirations.

Merci pour votre attention,

Pierre-Emmanuel Billet, août 2017

Nio far*
(* « On est ensemble », en wolof)

Contact :
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