Un dollar indolore

Deux dollars indolores
Au seuil de ma porte
Le seuil de pauvreté

Un dollar un décor
Une couleur verte
Une porte fermée

Un dollar insonore
Dans la poche de ma veste
Mon cœur battrait

Deux dollars inodores
De leur indigeste
Mon nez bouché

Deux dollars indolores
Que me coûterait le geste
De les donner ?

Parfois un dollar vaut de l’or
On donne le zest
On trouve l’oranger

Mais le dollar est trésor
Pour le coffre-fort
Et le garde-manger

Qu’offre-t-on à manger
Au garde du décor ?
Hormis les restes
Des comtes défaits

On se meut, on se meurt
Dans l’entre-soi, l’entre « forts »
Et on ne fait rien rentrer

Au fond de ma trombe
Qu’offre mon fort
Qui est pourtant si bien gardé ?

Il me reste un dollar incolore
Comme ultime propriété

Il me reste un dollar incolore
Et un aveu
Je suis aveuglé

Auteur : Pierre-Emmanuel Billet, février 2014, extrait de “Gardiens du temple”

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