Rêveras-tu du Sénégal ?

A mes (beaux) pères

Rêveras-tu du Sénégal ?
Mon enfant qu’je sens dans mes pores
Petite fille ou bien garçon
Toi fruit de l’Est et du S’Nord
Ou tresses blondes ou boucles noires
Je me sens fondre comme un glaçon
J’ai vraiment hâte de te voir

Rêveras-tu du Sénégal ?

Ta mère a l’sourire d’son soleil
Son père a grandi dans les champs
Comme un Werther’s exceptionnel
Il fut un chouette adolescent
Lutteur, rêveur, curieux des graines
Celles qu’on plante quand on apprend
Quand on se délivre de ses chaines

Rêveras-tu du Sénégal ?

Mille lieues de là y a la Lorraine
Un homme prend soin d’une colline
Il y récolte des mirabelles
C’est ton grand-père de Lunéville
Bien luné il t’emmène en haut
T’apprend à conduire son auto
Et lever les yeux vers le ciel

Rêveras-tu de Bonneval ?

Ce sont deux hommes plein de charmes
Qui ont su charmer tes grands-mères
L’un dansant, jouant du tamtam
L’autre construisant sa tanière
L’un aime le mil, l’autre aime le miel
Tous deux blagueurs, tous deux bons pères
J’espère que je serai pareil

Rêveras-tu du Sénégal ?

Auteur : Pierre-Emmanuel Billet, mai 2013
Extrait de Almadies mélodies
Dérivé de « Reverras-tu le Sénégal » de Allain Leprest, 1988, “2”

Kora corps : l’exposition au Goethe-Institut Sénégal du 7 juin au 7 juillet 2013

Flyer Exposition Kora corps Goethe-Institut vernissage le 7 juin 2013

« Kora corps » est la première exposition individuelle des peintures et sculptures de Pierre Gosse Diouf, artiste dakarois de 36 ans, que j’ai eu le plaisir d’accompagner ces derniers mois.

L’exposition retrace un parcours autodidacte d’une douzaine d’années de créations. « Kora corps » propose un regard sur les corps féminins (symbolisés par la kora) et masculins en relations et les corps humains et sociaux qui façonnent la société sénégalaise dans ses traditions familiales, ethniques et villageoises, comme dans ses évolutions contemporaines et urbaines.

Au fil de ses œuvres bercées de musique, Pierre Gosse Diouf questionne la santé de l’hymne sénégalais à travers lequel Léopold Sédar Senghor invitait les Sénégalais à « pince(r) tous (les) koras, frappe(r) les balafons » et conviait ainsi chacun, quelles que soient ses origines, à constituer « un peuple dans sa foi défiant tous les malheurs » réunissant dans une même mélodie « les jeunes et les vieux, les hommes et les femmes ».

En exprimant telles les notes et les fausses notes de la kora, les accords et les désaccords de la société, les peintures et sculptures de « Kora corps » offrent un miroir et une mémoire sur des ententes conjugales, sociales et même personnelles souvent fragiles et fragilisées.

Pierre Gosse Diouf nous invite ainsi à partager son « corps à corps » pour rendre possibles de meilleures harmonies!

Vous pourrez consulter à ces liens :

– Les informations pratiques

– Le catalogue d’exposition

– Le site de l’artiste

– Le texte “Kora corps” qui revisite l’hymne sénégalais au travers des oeuvres de Pierre Gosse Diouf

Merci de votre intérêt et souhaitons plein de succès à l’artiste !

Pierre-Emmanuel Billet, juin 2013