P’tit con

T’en fais pas, p’tit con
Quand on se reverra
T’auras fait un tour de bon
Tu seras le « Toon de la toundra »
Plus besoin de babyron
De ce nuage de blabla
Du mouton le lait chaud
Tu le boiras sans l’effroi

« Ne t’en fais pas, petit con »
Ecoute moi mon siamois
Ce sont là juste six mots
Pour Simon, pour six mois

T’en fais pas, p’tit con
Tu franchis ce Cap là
Oui tu fais un grand bon
Quand tes aînés restent en bas
T’as une casquette sur la tête
Des baskets, t’es pas niais
Quand tu pars en goguette
On dirait que les océans c’est surfait

Tu verras la terre est une orange
Elle est un steak haché
Dont l’huile se vidange
En une marée déchaussée
T’en fais pas p’tit con
La viande saignante de bleus
T’attend comme une offrande
Faut regonfler le pneu

Je voudrais te dire tant de choses
Sécréter des secrets
Des histoires d’osmose
De patiences à planter
Que si ça ne tourne pas rond
Des ronds tournent à haut-frais
Et les crottes de pigeons
Et les bras de Morphée

Mais je ne suis pas ton père
Sur cette terre adoptive
Je ne suis que le frère
De nos vendanges tardives

Alors n’oublie pas ton imper’
Et la crème pour bronzer
Peut-être à cette jeune fille au pair
Paieras-tu une tournée
Elle te dira « quel bol d’air,
T’as de belles chaussures de plagiste* »
Tu seras un homme hors pair
Et tu es déjà un homme, mon fils

Mais je ne suis pas ton père
Sur cette terre adoptive
Tu es le fils de l’air
Une dune sur une plage de nudistes

*Traduction de : « You’re so well-in-tongues », which is nice in Wellington…

Auteur : Pierre-Emmanuel Billet, décembre 2012

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Commun lundi

(audio sur le site : http://www.myspace.com/music/player?sid=91062040&ac=now)

Comment va ?
Comme un lundi
On est mardi,
Sûr que ça va ?
Comme un lundi
Y en a marre, que j’dis
Comme un pavé dans le mardi

Eh comment  va ?
Comme un lundi
On est quel jour ?
Oh mercredi
Vivement samedi
Amer credo, amer crédit
Mon crédit meurt le mercredi

Eh comment va ?
Comme un lundi
Arrête ton jeu, on est jeudi
Quand je dis « jeudi »
Tu dis « jeudi »
C’est le retour du « je dis »
« Je dis, je dicte
Les jeux et les conduites »
Jeudi sans jeu, sans verte prairie

Salut, ça va ?
Comme un lundi
C’est plus drôle, on est vendredi,  J’te l’ai d’jà dit
Aujourd’hui faut se vendre pardi
Agite les bras et vends « dix manches » d’ici samedi
Ou tu feras la manche, avant lundi, qu’il m’dit

Traverser le dimanche, dans sa Ferrari
« Ah ça, ça me dit », qu’il m’dit, c’est sa féérie
« Viens taffer et ris », qu’il m’dit
Le dimanche de son ‘blague’-berry
Comment va ?
C  o  m  m  e    u  n    l  u  n  d  i

Au petit jour l’un dit « lundi »
L’un compte les jours, l’un dit « mardi »
L’un à rebours, l’un dit « dredi »
Pour un qui savoure, qui dit « je dis »
Combien en ont marre avant le mardi ?

C’t un temps de lundi, que l’un me dit
Temps de l’indigence
Agence de gestion, l’indice prime
La compétition entre l’indifférence et l’indiscrétion
Pour l’individu c’est l’indigestion

Temps de l’indiscipline
La richesse des nations
Le marché de l’assoupline
Devient l’ordre des nations
Rien ne dissipe le spleen
Pas même l’indignation

L’individuettiste
Réalise son ambition
Qui l’individualise
Le rationalise
Jusque dans ses passions
L’un divise
L’autre fait ses multiplications
Il se réjouit des crises
C’est l’attrait du pognon

Et nous, comment on va ?

Comme un lundi

On a des traits communs
Des traces de gnons

On a le lundi commun
Comme un trait d’union

Auteur : Pierre-Emmanuel Billet, extrait de “Patch Work”, N°SCAM 2012-09-0002
Musique et 2nde voix audio : Antoine Meunier